L’histoire dictée par la loi

December 24, 2011 § Leave a comment

Est-ce qu’il appartient au Parlement ou à la justice de définir la vérité historique ?

On est en droit de se poser la question. D’autant plus quand les décisions prises sont instrumentalisées dans un but électoraliste. C’est ce que pense notamment le premier ministre turc, qui estime que Nicolas Sarkozy joue sur «la haine du musulman et du Turc», qui révèle selon lui « à quel point le racisme, la discrimination et l’islamophobie ont atteint des dimensions dangereuses en France et en Europe».

En effet, pourquoi remettre cette bombe sur le tapis, quand l’Assemblée a déjà tranché le débat en 2001, en reconnaissant l’existence d’un “génocide arménien”, sinon à des fins électoralistes. Le vote récent qui vise cette fois  à « pénaliser » la négation des crimes (empêchant ainsi tout débat possible sur la question) comme c’est actuellement le cas pour le génocide juif, ravive le débat sur la question des « lois mémorielles », et le rapport entre histoire et législation.

Caroline Fourest écrit dans Le Monde :

Des historiens, comme Pierre Nora, dénoncent une nouvelle dérive dite des “lois mémorielles”. Leur inquiétude est justifiée. Il est toujours risqué de voir l’histoire dictée par la loi.

Elle écrit plus loin : Sans doute est-ce à la justice internationale de proclamer si l’épuration ethnique visant les Arméniens relève du “génocide”.

Ivan Rioufol dans son blog sur le site du Figaro estime que « la France n’a pas de leçon à donner à la Turquie ».

« ce n’est pas au parlement de faire l’histoire. »

Encore une « loi mémorielle qui revient, une fois de plus, à limiter la liberté d’expression et à pénaliser un délit d’opinion. »

Désaccords au sein même du camp Sarkozy et de son gouvernement. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, trouve que cette proposition de loi «n’était pas opportune».

Le socialiste Jean-Christophe Cambadélis estime, quant à lui, que « Sarkozy ridiculise la France ».

Jean-Pierre Chevènement, candidat MRC à l’élection présidentielle, écrit pour sa part dans un communiqué.

“Les lois mémorielles, qu’elles soient de repentance ou d’ingérence, portent en elles-mêmes atteinte à la liberté d’expression, c’est-à-dire à la République elle-même”.

Il ajoute: “Le texte voté hier par l’Assemblée nationale porte la marque chez les partis de la perte du sens de l’intérêt national et de la capitulation face aux lobbies”.

Les lois mémorielles peuvent en effet poser problème mais on ne peut pas pour autant exclure la question de la mémoire du débat national.

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