Kader Attia occupe les sous-sols du MAM

June 10, 2012 § Leave a comment

C’est dans la pénombre d’un espace au sous-sol du Musée d’Art Moderne de Paris (MAM), que l’on peut découvrir l’exposition monographique de Kader Attia. Il y présente répartis dans un défilé de salles : vidéos, photographies, objets, collages, et projections.

Une installation vidéo se déploie sous  forme de diptyque, deux hommes se font face, se prêtant à un étrange rituel, inspirant et expirant à tour de rôle dans des bouteilles en plastique vides. Des photographies sous caissons lumineux révèlent des vestiges architecturaux , d’empires anciens et plus récents, en Algérie : une arche romaine isolée dans un paysage semi-désertique qui sert de cage de buts à des ados jouant au foot, ou encore une femme se tenant de dos devant une réalisation de l’architecte français Fernand Pouillon.

L’Arche de Tazoult (2012)

Une série de collages, à la manière des photomontages pratiqués lors de l’entre-deux-guerres notamment par les surréalistes ou des artistes engagés politiquement (russes et autres), mêlent sur un même plan architecture moderne de Le Corbusier et des populations africaines immigrées qui semblent y avoir été télétransportées.

Following the Modern Genealogy (2012)

Dans la dernière salle, aux allures d’antre, une série de photographies, intitulée « La piste d’atterrissage »,  dépeint un groupe de transsexuels algériens exilés à Paris, fuyant alors la « guerre civile » sur fond d’intégrisme, qui fait rage dans leur pays. L’artiste franco-algérien y explore plus particulièrement les thèmes de l’identité et de l’exil. Des diapositives aux couleurs surannées sont projetées sur grand écran et défilent sur fond de musique populaire, du raï surtout.

La piste datterrissage (2003)

Alors que Cheb Khaled s’époumone sur le refrain de « Chebba» (“Belle”), on voit ces « créatures » appliquer du rouge et du mascara dans une salle-de-bain exigüe, ou encore ajuster une perruque blonde sous le regard d’un ange (gardien?). Attia nous invite dans leur intimité avec beaucoup d’humanité, à la manière de la grande photographe américaine Nan Goldin (ou du  plus contemporain Richard Billingham), et évite de tomber dans le voyeurisme. Cette œuvre, qui a été acquise par le MAM en 2006, a de fortes chances d’être censurée en Algérie ou dans d’autres pays arabes ou musulmans, où ce sujet est encore très tabou.

Kader Attia, qui a obtenu une reconnaissance internationale depuis la 50ème Biennale de Venise en 2003, présente «Construire, déconstruire, reconstruire : le corps utopique», au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, jusqu’au 19 août.

En 2012, il est invité à la DOCUMENTA 13 à Kassel en Allemagne. L’œuvre « Open Your Eyes », diptyque de projections de diapositives, rejoint la collection du MoMA, où elle sera exposée à l’occasion de l’exposition « Performing Histories » en septembre 2012.

>>> Conférence le jeudi 14 juin  à 19h30 en présence de l’artiste

Tagged: , , , , , , , , , , ,

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

What’s this?

You are currently reading Kader Attia occupe les sous-sols du MAM at EastWestWestEast.

meta

%d bloggers like this: