Orient XXI

October 11, 2013 § Leave a comment

Orient XXI est un nouveau site sur le monde arabe et musulman.

L’idée de ce site est née d’un constat : les révolutions arabes ont ouvert de nouveaux espaces du possible, de nouveaux horizons. Elles nous ont fait découvrir des pans entiers de ces sociétés jusque-là invisibles, et notamment une jeunesse active, engagée, ouverte sur le monde. Pourtant, la couverture médiatique de cette « zone » reste souvent partielle, parfois superficielle. Elle se focalise sur l’affrontement entre « islamistes » et « laïques », seule grille de lecture qui nous est offerte. Elle ignore les bouleversements des sociétés, des groupes, des individus.

Comment suivre à la fois les événements en Égypte, les manifestations au Koweït, les sit-in des familles des prisonniers politiques en Arabie saoudite, le débat constitutionnel en Tunisie ou les affrontements des clans au pouvoir en Algérie ? Les questions et les interrogations sont multiples et les sujets à traiter innombrables, surtout si l’on ne se limite pas à la politique, mais que l’on favorise une approche globale, mêlant le politique et le culturel, le géopolitique et la révolution informationnelle, les transformations sociales et l’économie. Sans oublier l’histoire, qui pèse tellement sur les perceptions actuelles, les romans, le cinéma, les séries télévisées. Et aussi les relations entre les deux rives de la Méditerranée, Méditerranée qui fut le berceau de la mondialisation il y a des siècles déjà et qui semble fragmentée comme jamais.

>> Lire notamment Les rappeurs arabes au prisme de l’orientalisme par Yves Gonzalez-Quijano

intro : La scène rap arabe suscite nombre de clichés sur les rappeurs érigés en héros par les médias occidentaux, quand le silence est total autour de ceux dont le discours est incompris par ces mêmes médias.

Duran adam : le corps dans la place publique

June 22, 2013 § Leave a comment

De nouvelles formes de protestation de la société civile apparaissent dans la place publique à travers le monde. Une méthode d’intervention directe (direct action) ou encore d’acte de désobéissance civile selon les cas voit le jour, dont le but est d’interpeller l’opinion et les pouvoirs publics. Les révolutions/révoltes/printemps arabes ont créé de nouvelles formes d’occupation de l’espace en masse, et ont inspiré d’autres peuples à eux aussi « occuper » une place symbolique dans leur propre pays, les manifestants ayant planté… leurs tentes pour un temps indéfini.

Tahrir square

Tahrir square

L’occupation de la place Tahrir en Egypte a tenu en haleine l’opinion publique à l’échelle mondiale (via les medias et réseaux sociaux) et a conduit à la chute du Président Moubarak. Ces formes de contestations ont été reprises par Occupy Wall Street (Etats-Unis), Occupy Saint Paul (GB) et d’autres pays d’Europe (L’Espagne notamment).

Et plus récemment Occupy Gezi Park en Turquie, qui par ailleurs a reçu le soutien officiel de Occupy Saint Paul (via son site : Solidarity Statement Supporting Occupy Gezi Park & the People of Turkey). Le Brésil, fait écho aux autres Occupy avec Occupy Sao Paulo, et à son tour a reçu des messages de solidarité de manifestants turcs. On assiste à une globalisation des affects.

Au cœur de ces dispositifs le corps seul ou en groupe occupant un espace devient un outil de contestation non-violente face au pouvoir en place.Un héritage qui remonterait probablement aux actions menées par Gandhi qui a initié les sit-ins dans l’espace publique (ou l’agora). L’utilisation du seul corps (fragile et universel: David contre Goliath) face au pouvoir renvoie à l’image du manifestant solitaire debout (« standing man ») devant un char de l’Armée populaire de libération chinoise sur la place Tian’anmen à Pékin en 1989 : L’Homme de Tian’anmen, Tank man (l’« Homme au tank ») ou encore The Unknown Rebel (« Le Rebelle inconnu »), devenu rapidement une icône à travers le monde.

L'homme debout de Tian'anmen

L’homme debout de Tian’anmen

Un autre « homme debout » est devenu rapidement un symbole des protestations turques : Erdem Gündüz, un danseur/performer dont le but était de rester debout pendant un mois sur la place Taksim face au portrait de Mustafa Kemal Atatürk, à quelques mètres du parc Gezi. Il a été très vite baptisé “duran adam” (“l’homme debout”) sur les réseaux sociaux. « Une danseuse, Defne Erdur, aurait déjà utilisé ce procédé en allant se placer devant l’entrée du palais de justice de Caglayan, pendant quatre heures, fin avril », selon Le Monde. Croisement ici entre performance artistique et acte politique (art et activisme, artivisme).

Erdem Gündüz sur la place Taksim face au portrait de Mustafa Kemal Atatürk

Erdem Gündüz sur la place Taksim face au portrait de Mustafa Kemal Atatürk

Rapidement des centaines de personnes ont afflué aux côtés de « duran adam », informées via les réseaux sociaux, une sorte de foule éclair (flash mob) dans un but politique. Des manifestants ont choisi de rester debout, immobiles et silencieux, cette fois un journal ou un livre à la main.

Manifestation de protestants immobiles en Turquie

Manifestation de protestants immobiles en Turquie

Le but étant d’être là. Comme cette jeune étudiante qui proteste en lisant les Contes de la folie ordinaire de l’écrivain Charles Bukowski.

Ailleurs dans le monde, des initiatives similaires ont eu lieu en signe de solidarité.

Mouvement de solidarité à duram adam à Londres sur Trafalgar square

Mouvement de solidarité à duram adam à Londres sur Trafalgar square

L’image de duran adam est devenue un véritable phénomène viral sur le web, un meme.

Il a dorénavant même un tumblr qui lui est dédié.

>>> La non-violence est-elle possible ?

De la tablette cunéiforme à l’écran numérique

March 31, 2013 § Leave a comment

Chronologie de l’écriture de 3300 avant JC à nos jours….

Source : Arte

Le masque des “Anonymous” interdit à Bahrein

March 2, 2013 § Leave a comment

Le masque de Guy Fawkes (surtout associé au “groupe” Anonymous), considéré comme l’un des symboles des révolutions arabes, est dorénavant interdit au Royaume de  Bahreïn, qui a invoqué notamment la “sécurité publique”.

A protester in a Guy Fawkes mask participates in an anti-government rally organized by Bahrain’s main opposition society al-Wefaq in Budaiya, west of Manama, on 15 February 2013. (Photo: Reuters – Hamad I Mohammed)

Source: Al Akhbar (English)

Arab Spring Blues?

March 2, 2013 § Leave a comment

The Harlem Shake has taken on a political dimension in the Middle East…It is getting people arrested or in trouble, turning it into a new genre of political protest.

Last week, Egyptians began to threaten to perform the Harlem Shake in front of the headquarters of the governing Muslim Brotherhood. This prompted the group’s spokesman to warn that the dance could turn to violence (the building was targeted by rioters during protests in December). In a separate incident, Egyptian police promptly moved to arrest four men who performed the dance in their underwear in the streets of Cairo. The number might now become a symbol of defiance, already a popular pastime in a country rocked by nonstop protests since late November and with a growing wave of civil disobedience.

In Tunisia, the skit was first performed on Saturday by students at a Tunis school called Père Blanc. Their YouTube video spread like wildfire on Facebook, eventually prompting the minister of education, Abdellatif Abid, to announce that he would “launch an investigation,” promising to expel students and punish the school’s staff. His reaction was met with derision all around, and since then Harlem Shake performances have been held at schools across the country, with celebrity comics joining in. A massive Harlem Shake protest has also been scheduled to take place on Friday in front of the ministry of education in Tunis.

Why did Abid think the video was worth investigating? A politician who knows him well put to me the following hypothesis: The minister is keen to retain his post in the cabinet shuffle currently being negotiated, and as a member of a center-left party he was hoping to prove his conservative credentials to the ruling coalition’s Islamist leader, the Ennahda Party.

Ironically, one of the students in the  video from the Père Blanc school is the son of an Ennahda member of Parliament, who has said there is nothing wrong with it. Secularists are now questioning why Abid was moved to take action over a dance but not over the raising of the black flag associated with Al Qaeda over another school.

Reactions to the Harlem Shake in Tunis typically run from bemused confusion to relief. Relief, because the young people who were key to overthrowing these Arab dictators have not lost their nerve or their verve.

Source: Issandr El Amrani (blogger at http://www.arabist.net.)

Bassem Youssef: a popular Egyptian political satirist

January 25, 2013 § Leave a comment

A formal complaint was brought against Bassem Youssef, a popular Egyptian political satirist, for “undermining the standing” of President Mohamed Morsi in his television show.

This case comes amid increasing worries about press freedoms in Egypt.

Bassem Youssef is a doctor who shot to fame after winning a huge number of followers with his witty lampooning of public figures in amateur videos posted on the internet following the uprising that ended Hosni Mubarak’s rule.

He became a household name when his satirical show – likened to Jon Stewart’s The Daily Show in the US – began to be broadcast three times a week on one of Egypt’s independent satellite stations.

He has poked fun at everyone from fellow television presenters to well-known Muslim scholars and most recently President Morsi himself.

But sketches in which he portrayed Mr Morsi as a pharaoh, calling him “Super Morsi” for holding on to executive and legislative powers, and, separately, putting the president’s image on a pillow and parodying his speeches have angered one Islamist lawyer, whose formal complaint has resulted in the investigation.

Source: BBC

>>> Version Fr : L’humoriste qui ne fait pas rire les islamistes égyptiens  (Rue 89)

Arabités numériques : le printemps du web arabe

January 1, 2013 § Leave a comment

Retour sur les combats des blogueurs militants qui, bien avant les soulèvements de l’année 2011, ont inventé le cyberactivisme arabe, en Tunisie, à Bahreïn en Egypte… Faut-il pour autant parler de Révolution 2.0, faire de Facebook ou de Twitter la clé des bouleversements politiques ?

Oui, disent les cyberoptimistes, pour qui l’inimaginable est advenu, grâce aux messages des réseaux sociaux et aux images des téléphones portables. Non leur répondent des voix plus pessimistes, pour qui le pouvoir libérateur des nouvelles technologies est une hypothèse qui résiste mal à l’examen des faits, et aux dures réalités des lendemains de la révolution.une chose est sûre en tout cas : la jeunesse arabe a créé une nouvelle manière d’être arabe, les arabités numériques de demain.

Avec : Pierre Alonso, journaliste à OWNI.fr. Milad Doueihi, historien des religions, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques à l’Université Laval de Québec. Auteur en 2009 de La Grande Conversion numérique, et aujourd’hui de Pour un humanisme numérique, qui paraît aux éditions du Seuil, dans la collection La librairie du XXIème siècle. François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) où il a créé l’Observatoire géostratégique de l’Information en ligne et où il enseigne aussi. Auteur de nombreux travaux dont le dernier a pour titre Terrorismes Violence et propagande, Gallimard (Découvertes) 2011. Yves Gonzalez Quijano, maître de conférences en littérature arabe à l’Université de Lyon II et chercheur à l’Institut Français du Proche-Orient. Auteur de nombreux travaux dont le dernier Arabités numériques, le Printemps du Web arabe, vient de paraître aux éditions Sindbad/Actes Sud.

Source : écoutez les Jeudis de l’IMA

>>> Internet and the Arab spring (in English)

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